Votre SAS distribue un dividende à ses associés ? Une partie doit être reversée à l'État avant même que l'argent n'arrive sur leur compte : c'est le prélèvement forfaitaire unique (PFU), parfois appelé « flat tax ». Son taux vient de passer à 31,4 % au 1er janvier 2026. Mais le plus souvent, ce qui pose problème n'est pas le calcul du montant : c'est de confondre les quatre dates qui rythment l'opération. On les distingue pas à pas.
Chaque distribution de dividendes est différente — parlons de votre projet pour sécuriser le calendrier et le calcul.
Le PFU, c'est quoi au juste ?
Quand une société distribue un dividende à un associé personne physique, ce dividende est un revenu comme un autre aux yeux de l'administration fiscale : il doit être imposé. Plutôt que de laisser l'associé déclarer et payer seul l'année suivante, la loi impose à la société elle-même de prélever une partie de la somme au moment du paiement, un peu comme un employeur qui prélève l'impôt sur le salaire avant de le verser. C'est ce prélèvement, à taux unique, que l'on appelle le prélèvement forfaitaire unique (article 200 A du Code général des impôts).
Comment est calculé le PFU sur un dividende ?
Depuis le 1er janvier 2026, le taux global du PFU est de 31,4 % (contre 30 % auparavant), à la suite d'une hausse de 1,4 point de la CSG sur les revenus du capital. Il se décompose en deux blocs :
| Composante | Taux | Base légale |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (acompte) | 12,8 % | Art. 117 quater CGI |
| CSG | 10,6 % | Art. L136-8 CSS |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | Art. L136-8 CSS |
| CRDS | 0,5 % | Art. L136-8 CSS |
| Total prélevé | 31,4 % | |
Pour un dividende brut de 20 000 €, la société prélève donc 6 280 € (2 560 € au titre de l'impôt, 3 720 € de prélèvements sociaux) et l'associé perçoit 13 720 € net. Important : les 12,8 % d'impôt sur le revenu ne sont qu'un acompte, pas un montant définitif — l'année suivante, lors de la déclaration de revenus, l'associé est imposé soit au PFU de 12,8 %, soit, sur option, au barème progressif si c'est plus avantageux pour lui, et l'acompte déjà versé vient en déduction. Les prélèvements sociaux de 18,6 %, eux, sont définitivement acquis.
Les 4 dates à ne pas confondre
C'est le point sur lequel la confusion est la plus fréquente : la déclaration et le paiement du PFU ne se calent ni sur la date de l'assemblée générale, ni sur la date de clôture de l'exercice, mais sur la date réelle de versement du dividende à l'associé. Quatre dates distinctes se succèdent :
Un exemple concret
Une SAS clôture son exercice le 31 décembre. Son assemblée générale se réunit le 15 mars suivant, approuve les comptes et décide de distribuer un dividende, mis en paiement le 30 juin — bien dans le délai de 9 mois après la clôture (qui expire le 30 septembre). La société doit alors déposer le formulaire 2777 et voir son compte débité au plus tard le 15 juillet : c'est le mois de juin (le paiement) qui déclenche le délai, pas le mois de mars (l'assemblée).
Le simulateur affiche la frise des 4 dates et détaille le montant prélevé, à partir de votre date de mise en paiement.
La dispense d'acompte de 12,8 % : qui peut en bénéficier ?
Un associé dont le revenu fiscal de référence (de l'avant-dernière année) est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, ou 75 000 € pour un couple, peut demander à ne pas subir le prélèvement de 12,8 % au moment du paiement. La demande doit être adressée à la société avant le 30 novembre de l'année précédant le versement, sous forme d'attestation sur l'honneur (article 117 quater du CGI). Attention : cette dispense ne porte que sur l'acompte d'impôt sur le revenu — les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas, quel que soit le revenu du foyer.
Et en cas de retard de déclaration ou de paiement ?
Comme pour toute somme due au Trésor public, un retard sur la déclaration 2777 expose la société à un intérêt de retard de 0,20 % par mois (article 1727 du CGI) et à une majoration de 10 % en l'absence de mise en demeure préalable (article 1728 du CGI). D'où l'intérêt de bien identifier, dès la mise en paiement, la date limite du mois suivant plutôt que de se fier à la date de l'assemblée.